14 juin 2005
Les étonnements de Frieda
Alors que je brûlais un livre, Frieda – cette fille est un tourment – vient me trouver et me demande si je veux faire un tour des bars avec elle.
Il faut dire que Frieda me pose beaucoup de questions en ce moment.
Ce n’est pas que cette fille soit curieuse, la preuve, elle s’indigne de mon acte mais oublie de me demander de quel livre il s’agit.
Heureusement j’avais bu un Marquis de Prada à quatre euros cinquante.
Je précise, car pour quatre euros cinquante ce vin, comme nous l’avions remarqué avec Côme, peut se boire avec le sourire, sans faire cette grimace caractéristique qui suit la première gorgée de nombreux rouges entre un et quatre euros. Sans parler de l’écoeurement qui ne commence à s’estomper qu’à partir du dernier tiers de la bouteille dû au début d’anesthésie générale.
Je me demande si Philippe Delerm en a déjà parlé.
Bref.
Bonheur, légèreté, tolérance et un zeste de brutalité parfois.
Sur le chemin, je me dis que j’aurais peut-être tiré deux euros du livre chez Gibert, c’est presque quatre cinquante et puis il y a tout de même toujours ce risque de foutre le feu…
Je dis ça car c’est Frieda qui paie. Ce n’est pas que ça me dérange plus que ça mais bon, avec deux euros j’aurais pu lui payer la moitié d’un demi. Ca fait bien.
Il faut dire qu’elle préfère les bars de riches. Moi aussi d’ailleurs. Enfin avec les filles. Les bars de riches sont dans les quartiers de riches et ne contiennent à proprement parler que des gens riches. Ce n’est pas que j’aime leur compagnie. Mais le regard du pauvre est assez pénible lorsque l’on sort avec des filles jolies. Mais bon, je ne vais pas m’habiller comme une merde et sortir avec des moches pour montrer aux pauvres que moi non plus je n’ai pas une thune. Du moins encore assez pour me payer cette connexion et faire mon malin dans un blog.
Au bout de douze Heineken à deux et trois bars tendance, Frieda commence à me parler de ses étonnements. Je ne savais pas que cette fille s’étonnait à ce point.
– Ca m’étonnera toujours que l’on puisse encore croire en Dieu en 2005. Avant ce n’était pas étonnant. Les gens étaient cons. Mais maintenant c’est vraiment étonnant. Avec tout ce que l’on sait et tout ce que l’on voit…
Moi je regarde le galbe irréprochable de ses jambes blanches et nues sous la table en marbre et son pied impeccable qui oscille machinalement sous l’excitation de ses étonnements de plus en plus nombreux. Pied grec, cerclé de lanières noires. L’air de rien.
Mon Dieu ; dire que ces trucs sont purement fonctionnels. Se tenir debout, marcher, par extension courir, voire laisser un souvenir efficace à un éventuel agresseur. Utiles. Intrinsèquement.
Ça c’est véritablement étonnant.



Commentaires
Bonjour,
Puis-je me permettre de vous demander quel livre vous brûlâtes ?
Ecrit par : all_zebest | 14 juin 2005
Hem.. laisse(z)-moi deviner, un Chardonne ?
Ecrit par : Mamz'elle | 14 juin 2005
Oh ! Cespedes, Beigbeder, Zeller ......?
Mz'L ! Zêtes pas bien ?
Zavez voulu écrire "une charogne" non ?
Ecrit par : in my drink | 14 juin 2005
Ah mais alors.. (bon alors nous sommes au régime "vous", mais comment dois-je t'appeler ? Frieda ? C'est même pas toi..).
Donc je disais, ah mais alors (sur le ton de l'indignation) ça veut dire que tu en possèdes (en parlant des Beigbeder and co) ???
Ecrit par : Sainte Ethique | 14 juin 2005
Va pour Axël, faut bien un nom, mais c'est bien parce qu' il y a du Villiers derrière et vu qu'on m'a piqué l'ancien...
Et oui j'en ai eu entre les mains et d'autres encore.
Va savoir.
Tu donc.
Ecrit par : in my drink | 14 juin 2005
En somme vous ne tolérez la compagnie de cette femme un peu plate d'idées que parce qu'elle vous rince à l'œil.
N'est-ce pas un peu humiliant ?
Ecrit par : Lapinos | 14 juin 2005
Pour qui ? Le barman ?
Un Marquis de Prada Lapinos. Quatre cinquante, ça rend tolérant.
Ecrit par : I kiss for cash | 14 juin 2005
Z'êtes de la vieille école Lapinos* ?
M'enfin y'en a bien qui fréquentent la platitude sans même se rincer, pas même l'oeil.
* Voyez comme j'ai habilement évité le ringard.
Ecrit par : Mamz'elle | 14 juin 2005
J'offre à chaque noël une dizaine de merdes à Axël afin qu'il puisse en brûler un de temps en temps pour se délasser. Il n'est donc pas étonnant qu'il est toujours une saloperie sous la main à enflammer.
Ecrit par : Côme Rush | 14 juin 2005
Est ? D'être ? C'est pas gentil pour lui ça..
Ecrit par : Mamz'elle | 14 juin 2005
Oh non, mais tu vois, Axël, j'hais tellement peu et mal, vraiment mal, que je m'accroche aux avoirs pour tenter d'atteindre l'Être.
Ecrit par : Mamz'elle | 14 juin 2005
Bon ça va hein, mamz'elle. D'abord il y a aussi une faute de syntaxe dans mon commentaire, si vous voulez. Z'écrivez jamais bourrée bordel! Tout ça pour un jeu de mots mesquin. Pfff...
Ecrit par : Côme Rush | 15 juin 2005
Hey ! Ne vous énervez pas.. Il me semble avoir été aussi saoule que vous hier, sinon plus (d'une parce que je suis une femme, de deux parce que je suis une crevette et de trois parce que je bois rarement, moi !), ce qui remet les compteurs à zéro (ce qui tombe plutôt bien si j'en crois vos histoires de Natacha).
C'était mignon ce petit être qui s'était glissé, hop, entre deux mots, l'air de rien.
Ecrit par : Mamz'elle | 15 juin 2005
Je ne sais pas où en étaient les compteurs, mais mettons qu'ils sont à zéro.
Je suis juste prévenu qu'une règle impartiale s'abattra sur mes doigts à chaque faute d'orthographe ou d'inattention commise sur ce blog...
Vous ne verrez donc pas d'inconvénient à ce que, de peur de vous imaginer en pionne maniaque, je vous considère dans ce genre de situation, comme une secrétaire dévouée à l'esprit un peu moqueur.
Ecrit par : Côme Rush | 15 juin 2005
Laissez tomber cette histoire de compteur, je ne règle jamais les parcmètres.
Souhaiteriez-vous de la partialité ?
Ecrit par : Mamz'elle | 15 juin 2005
Avouez que c'est plus humain.
Ecrit par : Côme Rush | 15 juin 2005
Ah oui ? Et qu'est ce que l'humanité pour vous ? La partialité et le sentimentalisme ?
Ecrit par : Mamz'elle | 15 juin 2005
Non, quelque chose qui se dépasse comme dirait l'autre sprinter de Sils-Maria.
Arrêtez de me menacer avec la règle que vous faites tournoyer au-dessus de votre tête. Oui, je suis sentimental. C'est-à-dire cruel et désespéré. Et partial, c'est-à-dire électif.
Ecrit par : Côme Rush | 15 juin 2005
Je te laisse la tolérance mais j'accepte le Buzet, gamin, à condition que ça soit toi qui régales. Pour me prouver ta sincérité.
Ecrit par : Lapinos | 15 juin 2005
Pas l'humanité, Côme, l'humain, juste l'humain.
"L'homme est quelque chose qui doit être surmonté", j'ose même pas vous dire ce à quoi ça me fait penser..
Ecrit par : Mamz'elle | 15 juin 2005
Je n'ai rien à vous prouver mon petit lapin.
Quant à >> "gamin"
Laissez ce genre de familiarité à l'entrée de votre clapier, danke.
Ecrit par : in my drink | 15 juin 2005
Lapinos, qu'est-ce qui vous dresse ainsi les oreilles? Ce n'est pas parce que vous vous faîtes traîter de ringard qu'il faut faire la grimace du vieux con sûr de lui. Ce n'était pas bien méchant, pas de quoi s'entrechoquer les incisives.
Mamz'elle, allez-vous enfin lâcher cette règle?
Merci, je connais l'assertion originale. L'"humanité" de l'homme si vous préférez, pas le substantif globalisant. Quant à ce à quoi ça peut faire penser, remplacez juste le mot "homme" par "femme", et vous avez une profession de foi machiste d'un cynisme à toute épreuve.
Ecrit par : Côme Rush | 15 juin 2005
Z'avez le vin mauvais, on dirait. Devriez peut-être essayer avec un sucre dedans ?
Ecrit par : Lapinos | 16 juin 2005
Vous savez, Côme, je ne voulais pas jouer à la maîtresse avec vous, ni avec personne, merci, je ne joue pas dans cette cour-là.
Vous m'avez, me semble t-il, mal comprise, je voulais juste appuyer sur ce qui différencie l'humanité de l'humain. Celle-ci étant une particularité que certains hommes n'ont pas.
Mais qu'importe. Nous avons en tout cas pensé à la même chose, remplacer l'homme par la femme.
Ecrit par : Mamz'elle | 16 juin 2005
Vous savez quoi, Mamz'elle?
Je vous laisse le dernier mot.
(Ce qui est, certes, déjà contredit.)
Ecrit par : Côme Rush | 16 juin 2005
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