15 juin 2005

Hors-d'oeuvre

— Marre des poètes gourmands, répugnants avec leur pitoyable amour des mots, gastronomes de phrases à la con qui font du bruit lorsqu’ils s’empiffrent. Marre des allitérations qui leurs pendent au coin des lèvres comme des morceaux de viande quand ils ne vous les crachent pas dans l’œil. Ça parle fort et ça radote, rouges et gros, comme leur prose qui depuis une heure m’assomme à coup de rimes en -ulves et semble passionner la demoiselle au fond à gauche, les yeux rivés sur ces dandys dégueulasses et ces vieux professeurs, spécialistes aux doigts gourds et à l’haleine de chevreuil mort, à vous rassurer d’avoir la gerbe au bout d’une minute de lecture ou pire, d’écoute. Putain c’est donc ça la poésie ! Orgies de branlettes et sabbats de concepts avec rien dans les veines ; et puis ces airs d’iconoclastes de reportage, dégoulinants d’orgueil, faux comme la mort, accoucheurs de climax à mode d’emploi dont se gargarisent les fils de bourgeois même pas fils de putes et déjà littérateurs...
—Tu vises qui là au juste ?
—J’sais pas et toi ? Lâche ce flingue.

soundtrack : J.-S. Bach, chaconne en ré mineur BWV 1004 / Gustav Leonhardt - clavecin

Commentaires

D'où, encore une fois, la nécessité de brûler des livres. Afin d'évaporer cette soupe infâme.

Ecrit par : Côme Rush | 15 juin 2005

On se croirait dans un film de Tarantino ici. Les couleurs sont crues, et brillent comme il faut. Puis c'est tellement mode.

Ecrit par : pimpeleu | 16 juin 2005

Mineur alors.

Ecrit par : Axël | 16 juin 2005

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