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01 août 2005

Frieda strikes back

Harassé je pousse Frieda dans les bras de cet inconnu et vais m’asseoir dans ce coin-ci, l’ombre y est mieux distribuée ; les gens alentours ont des pantalons si larges que certains auront vite fait de les enlever, mieux vaut rester prudent ; à vrai dire cette bière est coupée à l’eau et le vin est parti en fumée. Je suis sobre et me voilà loin de chez moi, mes amis ont disparu et les filles penchent la tête en arrière avant de rire aux éclats en secouant leurs crinières. Si je voulais rassembler mes forces je pourrais quitter à la fois ce haras, le quartier et la ville. Mais comme l’idée de me perdre à jamais dans une contrée lointaine ne m’enchante que d’un point de vue artistique je me dis qu’au pire je finirai bien par m’endormir.
Les minutes passent comme des heures et les gestes imperceptibles que je fais pour boire ont des allures de virages mal négociés. Déjà l’homme au sourire satisfait vient sur moi en sautillant. Rien chez lui n’autoriserait à première vue cette débauche d’enthousiasme à mon égard. Le voilà contre mon fauteuil, accroupi, ses lacets défaits et ses yeux affreux comme deux billes rouges et bleues ont quelque chose de lubrique et d’enfantin à la fois.
— J’ai tort, j’ai tort de vous dire cela ! Mais votre amie là quel bonheur ! Une vraie petite peste doublée d’une sacrée coquine. Je n’ai pas perdu de temps ! Non ! Avez-vous vu comment elle s’est précipitée sur moi ? Ah les femmes, les femmes je ne vous dis que ça !
S’il n’avait dit que ça il l’avait dit assez fort pour que toute l’assemblée se retourne vers nous en applaudissant.
— Ah quelle femme cette Frieda ! Je ne vous dis que ça ! Je ne vous dis que ça ! Je ne vous dis que ça !
Là encore l’assemblée se retourne vers nous en lançant parmi les hourras ! et les cris suraigus des petits cotillons multicolores et autres objets minuscules sortis de je ne sais où, sur quoi l’homme au sourire béat me glisse à l’oreille alors que je secouais énergiquement ma veste constellée :
— Je suis désolé mais je dois vous dire aussi que Frieda m’a fait part de votre passion pour elle et de votre jalousie. Nul doute à avoir : abandonnez toute espérance ! Alors frappez un bon coup mon ami, vous méritez aussi de passer une bonne soirée, je ne sentirai rien de toute façon, je suis beaucoup plus robuste et moins malheureux que vous.
Je regarde le mégot qui flotte dans mon verre de vodka au milieu des cotillons multicolores, soupire, souris, songe à éclater de rire et me réveille en sursaut.
Dommage.

Soundtrack : VLF — Maquillage

Commentaires

Oniriquement vôtre !
Je goûte rarement les histoires qui se terminent par "je me réveillai, ce n'était qu'un rêve", mais celui-ci est particulier. Vraiment.
Peut-être parce que j'ai fait le même, voici 10 ans... voilà 5 ans...
Bravo en tout cas ! Et Forza...

Ecrit par : prixdeflore2006 | 01 août 2005

Enfin, Axël! Dans vos rêves, vous prostituez Frieda au premier venu! Mais protégez un peu cette jeune femme, elle ne sait pas ce qu'elle fait.

Ecrit par : Côme Rush | 02 août 2005

Ce n'est tout de même pas une raison valable pour la jeter dans les bras du premier venu. À croire que tu cherches à t'en débarasser...

Ecrit par : Inès | 04 août 2005

Et ton URL ? à la poubelle ?

Ecrit par : Axël | 05 août 2005

J'ai bien songé à la jeter dans les bras du premier venu mais il n'en a pas voulu :)

Ecrit par : Inès | 05 août 2005

Ah ? c'est une fille le tien ?

Ecrit par : Axël | 05 août 2005

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