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27 août 2005
Demain, en septembre
Soundtrack : Radiohead - Knives out
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17 août 2005
Exercice II
Nous sommes devenus trop crédules pour avoir peur du Diable.
20:14 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10 août 2005
Streets III
Pourquoi marcher dans cette rue, si ce n’est pour aller d’un point A à un point B dans le but d’accomplir une action capitale dont les conséquences, si tout se déroule comme prévu, devraient avoir l’impact que nous attendons sur les choses que nous savons, d’un pas rapide et décidé comme si nous serions en train de jouer notre existence suivant une cadence réglée au millimètre avec le regard exercé qu’emploierait celui qui sait avec exactitude le temps qui le sépare du succès ? On est en droit de se le demander. Car la rue n’a rien d’un raccourci et encore moins d’un détour et si nous nous rappelons dans les grandes lignes du point A nous aurions, si l’on nous posait la question, quelque difficulté à situer le point B sur une carte, même si celle-ci nous contraint à admettre, à grand renfort de rouge vif, que nous sommes ici et que chaque pas nous en éloignerait inévitablement au point de nous retrouver là-bas en moins de temps qu’il n’en faudrait pour tirer à pile ou face ou savoir si en fin de compte nous ne serions pas mieux ici que là-bas. Pourtant rien ne nous oblige à choisir et les gens d’ici sont à peu près les mêmes que là-bas. Nous n’allons pas vérifier, c’est l’intuition qui parle et Dieu sait s’il en faut pour se déplacer sans boussole et sans but ; surtout ici. Nous sommes à peu près certain de retrouver les mêmes personnes là-bas, la même méchanceté, la même bêtise, la même crasse, le même amour pour tout ce que nous haïssons. Alors nous voudrions ne plus être ici mais chez-nous, là-bas ; nous étendre un instant sur notre divan rouge, armé d’un verre de race, nous voudrions la présence rassurante de la bibliothèque et faire aller nos regards avec indolence des tableaux au paysage, car le paysage vaut bien les tableaux. Or nous n’avons ni divan rouge ni tableau. Les livres sont vendus, le vin est imbuvable et la fenêtre donne sur le néant ; mais nous avons une tête et par extension deux mains pour la cacher.
Soundtrack : Jean-Philippe Rameau – Prélude / Olivier Baumont – clavecin
01:20 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
01 août 2005
Frieda strikes back
Harassé je pousse Frieda dans les bras de cet inconnu et vais m’asseoir dans ce coin-ci, l’ombre y est mieux distribuée ; les gens alentours ont des pantalons si larges que certains auront vite fait de les enlever, mieux vaut rester prudent ; à vrai dire cette bière est coupée à l’eau et le vin est parti en fumée. Je suis sobre et me voilà loin de chez moi, mes amis ont disparu et les filles penchent la tête en arrière avant de rire aux éclats en secouant leurs crinières. Si je voulais rassembler mes forces je pourrais quitter à la fois ce haras, le quartier et la ville. Mais comme l’idée de me perdre à jamais dans une contrée lointaine ne m’enchante que d’un point de vue artistique je me dis qu’au pire je finirai bien par m’endormir.
Les minutes passent comme des heures et les gestes imperceptibles que je fais pour boire ont des allures de virages mal négociés. Déjà l’homme au sourire satisfait vient sur moi en sautillant. Rien chez lui n’autoriserait à première vue cette débauche d’enthousiasme à mon égard. Le voilà contre mon fauteuil, accroupi, ses lacets défaits et ses yeux affreux comme deux billes rouges et bleues ont quelque chose de lubrique et d’enfantin à la fois.
— J’ai tort, j’ai tort de vous dire cela ! Mais votre amie là quel bonheur ! Une vraie petite peste doublée d’une sacrée coquine. Je n’ai pas perdu de temps ! Non ! Avez-vous vu comment elle s’est précipitée sur moi ? Ah les femmes, les femmes je ne vous dis que ça !
S’il n’avait dit que ça il l’avait dit assez fort pour que toute l’assemblée se retourne vers nous en applaudissant.
— Ah quelle femme cette Frieda ! Je ne vous dis que ça ! Je ne vous dis que ça ! Je ne vous dis que ça !
Là encore l’assemblée se retourne vers nous en lançant parmi les hourras ! et les cris suraigus des petits cotillons multicolores et autres objets minuscules sortis de je ne sais où, sur quoi l’homme au sourire béat me glisse à l’oreille alors que je secouais énergiquement ma veste constellée :
— Je suis désolé mais je dois vous dire aussi que Frieda m’a fait part de votre passion pour elle et de votre jalousie. Nul doute à avoir : abandonnez toute espérance ! Alors frappez un bon coup mon ami, vous méritez aussi de passer une bonne soirée, je ne sentirai rien de toute façon, je suis beaucoup plus robuste et moins malheureux que vous.
Je regarde le mégot qui flotte dans mon verre de vodka au milieu des cotillons multicolores, soupire, souris, songe à éclater de rire et me réveille en sursaut.
Dommage.
Soundtrack : VLF — Maquillage
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